Récits composites : aucun ne décrit une personne réelle.
Les trois récits de cette page sont des récits composites. Chacun assemble des situations qui reviennent dans les témoignages publiés et dans les informations de réduction des risques ; aucun ne décrit une personne réelle, et nous n'avons inventé ni noms, ni âges, ni villes d'origine pour les rendre plus vivants. Ils montrent comment les conseils du guide du séjour se traduisent dans une vraie journée.
Ce qui revient dans les récits publiés
En lisant beaucoup de témoignages de visiteurs côte à côte, quelques constantes se dégagent :
- la première heure est surtout physique : bâillements, mains froides, estomac lourd, impatience ;
- ceux qui ont repris une portion parce que « rien ne se passait » sont surreprésentés parmi les séances difficiles ;
- la foule, le bruit et les lieux inconnus apparaissent dans presque tous les récits négatifs, le calme et la musique dans les récits positifs ;
- les visiteurs étrangers sous-estiment souvent la circulation à vélo et la proximité de l'eau ;
- la plupart terminent fatigués, affamés, avec l'envie d'en parler le lendemain.
Récit composite 1 : une première séance douce
Récit composite. Mexicana A, demi-sachet, appartement loué, une personne sobre.
Deux personnes arrivées en train la veille avaient acheté un sachet de Mexicana A dans un smartshop près de leur logement et l'avaient rangé au réfrigérateur. Le lendemain, vers onze heures, l'une d'elles a mangé un peu plus de la moitié du sachet, pesée sur une petite balance ; l'autre est restée sobre toute la journée.
Pendant quarante minutes, rien d'autre qu'un léger frisson et beaucoup de bâillements. Puis la lumière de la pièce a paru plus chaude, et les motifs d'un tapis se sont mis à onduler doucement. Les deux heures suivantes ont surtout été drôles : un mot banal répété jusqu'à perdre son sens, un fou rire à propos d'un plan de métro. Les yeux fermés, des formes colorées, rien d'envahissant.
Vers la quatrième heure, les effets s'étaient presque dissipés, laissant une fatigue calme. Le dîner a été long et bavard. La leçon de ce type de récit : une truffe douce en petite quantité est une expérience complète, et la meilleure façon de découvrir sa propre sensibilité.
Récit composite 2 : une journée entre amis dans un parc
Récit composite. Atlantis, environ 8 g chacun, trois personnes dont une sobre, grand parc, jour de semaine.
Trois amis qui connaissaient déjà les truffes douces avaient choisi Atlantis pour un mardi de printemps, dans un grand parc, à l'écart des allées. Deux ont partagé un sachet de 15 g ; le troisième a gardé les clés, les téléphones et l'eau.
Après une demi-heure, l'herbe semblait respirer et les nuages avançaient d'une façon dont il était difficile de détacher les yeux. Le pic, entre la première et la deuxième heure, a été plus intérieur que prévu : l'un a passé longtemps allongé sous un arbre, pensif, l'autre se sentait surtout léger et attentif aux sons. L'ami sobre passait toutes les demi-heures.
Un groupe de cyclistes passé tout près a provoqué un bref moment de méfiance, retombé dès qu'ils se sont éloignés du chemin. Le retour à pied, cinq heures plus tard, a semblé long, et personne n'a voulu prendre de vélo de location. Les récits de ce genre insistent sur deux choses : la présence d'une personne sobre, et la distance avec les pistes cyclables et l'eau.
Récit composite 3 : la séance qui a mal tourné
Récit composite. Hollandia, sachet complet puis portion supplémentaire, alcool, centre-ville, sans personne sobre.
C'est le schéma de beaucoup de récits difficiles. Un visiteur sans grande expérience a mangé un sachet entier de Hollandia en fin d'après-midi, avant une soirée en ville, avec une bière. Ne ressentant rien au bout de quarante minutes, il a repris une partie du sachet d'un ami. Les deux portions sont arrivées ensemble, vers la fin de la première heure.
La rue est devenue impossible à filtrer : les lumières, les sonnettes de vélo, les visages. Il a eu la conviction que quelque chose n'allait vraiment pas chez lui et a voulu rentrer seul, en longeant un canal. Un ami l'a rattrapé, l'a ramené à l'hôtel, a éteint la lumière et lui a répété que c'était l'effet des truffes et que cela passerait. Au bout d'une heure environ, la panique s'est relâchée. La suite a été longue, confuse et épuisante.
Tous les éléments qui ont fait basculer cette soirée étaient évitables : une variété forte pour un débutant, la portion supplémentaire, l'alcool, la foule, l'absence de personne sobre et l'eau toute proche. Les repères sont sur la page choisir ses truffes et dans le guide du séjour. En cas de problème grave aux Pays-Bas, le numéro d'urgence est le 112.
Les truffes de ces récits
Les trois variétés citées correspondent à trois niveaux : Mexicana A pour une première fois, Atlantis avec un peu d'expérience, Hollandia pour les habitués seulement. Elles sont légales aux Pays-Bas pour les adultes et se consomment sur place.


